Jeunes et JOC à la fois

 

Jeunes et JOC à la fois…

 Ils habitent Tourcoing, Roubaix ou Loos. Agés de 15 à 19 ans, ils sont engagés à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Un soir d’octobre 2010, ils réfléchissent sur les médias et les quartiers populaires lors d’une rencontre organisée à la Maison de la mission ouvrière de Lille.Ils sont cinq. Réunis dans la grande salle du local de la rue des meuniers, ils ont décidé l’espace d’une soirée de jouer le jeu des questions-réponses. Un peu par obligation, beaucoup par curiosité, Julie, Lucie, Adeline, Valentin et Julien sont assis autour de la table. « Un journaliste ? C’est celui qui donne des informations, qui informe sur la situation dans le monde. Un enquêteur qui va chercher l’info à la source et la restitue ». Adeline, 16 ans, est déjà passée à la télé « c’était pour un reportage sur l’opération Tourcoing-plage ». Julien, 19 ans, a été interviewé pour une radio « mes propos ne pouvaient pas être déformés. Ils étaient enregistrés ». Les manifs de lycéens pendant le mouvement des retraites en 2010, le crack financier, l’omniprésence de Sarkozy dans les médias, la discussion glisse peu à peu sur la question des jeunes et des quartiers. « Quand j’entends parler des cités, explique Julie, 15 ans, c’est toujours pour parler des poubelles qui brûlent. Les journalistes stigmatisent. Ce n’est pas parce qu’on habite une HLM que c’est un problème. » 

Mon quartier, je l’aime.

Les quartiers de l’Epeule et de l’Alma à Roubaix, de La Bourgogne ou de Phalempin à Tourcoing, des Oliveaux à Loos sont des quartiers populaires relevant de la politique de la ville. « On en parle que lorsqu’il y a des problèmes » témoignent unanimement les jeunes militants de la JOC. Bien sûr il peut y avoir de l’insécurité, on peut se faire insulter ou « être sifflée lorsqu’on est une fille », mais pour Lucie « je suis bien dans mon quartier. Les gens se disent bonjour ». Durant ces dix dernières années, le quartier des Oliveaux à Loos a changé. « Les jeunes viennent à ta rencontre, témoigne Julien, ils te serrent la main et t’indiquent le chemin ou bien t’accompagnent. Un jeune est un être humain. Parfois, il y a plus d’entraide dans ces quartiers que dans les quartiers bourgeois ». 

Accompagnateur de liaison à la JOC sur les communes de Roubaix et de Tourcoing, Jean-Pierre Leroy connaît bien ces cinq jeunes et leurs familles. « Dans ces quartiers, le lien social existe. Autour de vos parents, témoigne-t-il, on se retrouve autour d’un barbecue, on partage, on tisse du lien ». C’est l’idée de la maison commune. Aux grillages et aux digicodes des réhabilitations urbaines, il faut opposer la générosité du cœur. C’est aussi une réalité de ces quartiers populaires.

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