Martine Guerdin

 

Martine, un pont entre les générations.

Cadre hospitalier à la retraite, Martine Guerdin est native de Condé-Sur-l’Escaut. Bénévole au sein du centre social de la ville, elle travaille auprès des séniors. Objectifs : tisser du lien social et faire tomber les préjugés…

« Ça remonte à très loin, explique Martine Guerdin. Enfant, j’habitais près de la cité Le défriché, un quartier de mineurs et d’immigrés algériens et marocains. Ma famille me disait toujours : ne va surtout pas là-bas, ils sont méchants, ce sont des voyous. Ce cliché ne m’a jamais quittée ». Après quelques années éloignée de sa ville, la Condéenne a décidé de revenir s’installer avec son époux sur les terres de son enfance.  Aujourd’hui retraitée, elle vit en maison individuelle dans un quartier pavillonnaire près du centre ville. 

D’une rencontre, elle décide de s’investir bénévolement dans la vie de la commune. Après des années passées comme infirmière aux côtés des personnes âgées, c’est tout naturellement en 2008 qu’elle s’engage à faire vivre un groupe d’anciens. Au sein du centre social, elle prend en charge l’animation d’ateliers « mémoire », anime des cours de pâtisseries, organise des sorties. Régulièrement, Martine Guerdin réunit les séniors « pour les extraire de l’isolement et de la solitude ». Au fil des après-midis, elle découvre la vie de ces veuves de mineurs « tiraillées toute une vie par l’angoisse de perdre leurs maris descendus à la mine ». Un métier de forçat… 

Tisser du lien social

La grande difficulté à laquelle Martine s’attaque, c’est de faire tomber les barrières des représentations, modifier le regard des personnes âgées sur les jeunes du quartier. Pour la grande majorité d’entre elles, « les jeunes sont tous des  fainéants et des impolis. Elles portent un regard négatif et injuste sur eux ». Véhiculée par la télévision, l’image de ces jeunes les conforte dans leurs préjugés et leur a priori. Petit à petit, « elles se replient sur elles-mêmes, ont peur, s’enferment ». A la nuit tombée, nombreuses sont celles qui se barricadent et qui verrouillent leur porte à double tour. « Il faudrait, analyse Martine Guerdin, que la télévision replace les faits dans leur contexte ». Avec empathie pour ces personnes âgées, l’ancienne infirmière aimerait « leur ouvrir l’esprit, remettre les pendules à l’heure ». Avec beaucoup de clairvoyance, elle sait que « la bagarre n’est pas gagnée ». Parler, échanger, discuter, et toujours recommencer.

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